Progressions CP

Un stagiaire M2 m’a parlé après le cours de la semaine dernière, me disant qu’elle se trouve en charge d’une classe de CP pour l’anglais et elle ne sait pas trop par quel bout les prendre. J’ai regardé en ligne et j’ai trouvé plusieurs exemples de progressions pour le cycle 2 et notamment pour les CP. L’anglais en CP rentre en vigueur à la rentrée 2015 – il va falloir que tout le monde s’intéresse sérieusement à la question. Voici quelques exemples à consulter :

PROGRAMMATION_ANGLAIS_TESS_CP_AU_CM2

programmation_CP_2008

progression_cp

Progression_CP-2

Progressions_anglais_12_13_Site

Ce que moi, je vais proposer ici est basé sur une réflexion de professeur d’anglais. Je ne suis pas enseignant premier degré – je suis professeur d’anglais et de ce fait, je raisonne sûrement autrement que mes collègues premier degré. Je me base également sur ce que j’ai observé auprès de mes enfants et de leurs cousins et amis anglophones. Ce que je vais écrire par la suite n’engage que moi et ce ne sont que des réflexions, des pistes à explorer puis chaque enseignant peut prendre ses propres décisions.

Mon point de départ est phonologique avant tout, puis je veux travailler en spirale, toujours ajoutant du nouveau sur du connu.

spiral learning

Tout d’abord il ne faut pas oublier que nous travaillons ici sur des contenus pour des enfants de cinq ou de six ans. Un enfant anglophone de cet âge là ne dirait pas “Good morning”, “good afternoon” ou “good evening”. Je ne suis même pas sûre qu’un anglophone dirait “Good night”. Un anglophone dirait “Hello” ou alors “Hi” et avant d’aller se coucher, il dirait “Night night”. Nous avons tendance à passer beaucoup de temps sur ces expressions qui sont, me semble-t-il, pas très fréquent pour cet âge-là.

Pour dire “au revoir”, un natif dirait “Good bye”, “bye”, “see you” ou alors “see you later”.

Pour les formules de politesse alors, cela change un peu la vision traditionnelle des choses.

Maintenant pour les présentations, je pense qu’un enfant de 6 ans dirait plus spontanément “I’m Katy” que “My name is Katy”. Si on fait travailler I’m Katy pour parler de soi, il est plutôt logique de continuer avec d’autre formulations, basées sur cette structure “I’m”. On peut facilement intégrer “I’m 6″, I’m French”, “I”m hungry”, “I’m cold”, “I’m listening / reading / drawing”. Cette idée de construction sur une seule structure de base “I’m” suit bien le principe de Spiral Learning.

Pour ne pas perdre de vue l’idée de “name”, on pourrait poser la question “What’s your name ?” pour éliciter “I’m Katy” comme réponse. Quand j’ai moi-même pratiqué cet exercice, je me trouvais souvent en train de poser les deux questions aux enfants : “What’s your name ?” et “Who are you ?” name tags 2Cela n’avait pas l’air de les perturber plus que ça. Pour des jeunes apprenants, je l’accompagnais toujours d’un jeu d’étiquettes à coller au tableau en même temps. Il comprennent vite ce que je demande.

J’ai une boite avec des étiquettes plastifiées dedans. name tags 1Sur chaque étiquette il y a une image. Les enfants viennent un par un choisir leur étiquette pour le jour, j’écris leur nom dessus avec un marqueur effaçable et ils collent au tableau blanc. Ces enfants en CP ne savent pas forcement lire leur prénom, mais par le jeu d’association avec l’image, ils arrivent à bien repérer qui est qui. J’ai même vu des élèves se rappeler d’une séance à l’autre qui avait quelle étiquette.

L’objectif pour eux est la production orale de “I’m Katy”. On peut vite passer  à une suite logique “How old are you ?” et sa réponse qui sera “I’m five” ou alors “I’m six” dans la logique de la classe d’âge. On a un peu tendance à enseigner les chiffres de 1 à 10 comme une liste. Combien de fois voit-on les enfants compter de 1 à X pour arriver à trouver ce qu’ils veulent. Il faut savoir dissocier les chiffres pour que cela soit utile. Commençons par les chiffres utiles aux enfants donc. Leur âge, éventuellement leur numéro de téléphone (et encore est-ce qu’au CP on connaît son numéro de téléphone ?)

J’ai connu dernièrement une jeune fille au CP qui s’appelait Lina L-I-N-A. A chaque fois que je lui demandais son prénom, elle me disait son prénom en l’épelant derrière. C’était un peu étrange. Je pense qu’elle avait appris à réciter ainsi mais pour moi, cela ne signifie en aucun cas qu’elle connaît son alphabet !! Et je ne vous raconte pas comme c’était compliqué en anglais !!

Une fois que les présentations sont lancées, je passerais aux couleurs. Les couleurs formeront la base de ce qui va suivre tout au long de l’année sur le plan phonologique. Le début de l’acquisition de la conscience phonologique commence ici, dès les premières séances.

Des flashcards pour apprendre quelques couleurs. Je commence par quatre couleurs au début : RED – BLUE – GREEN – YELLOW. Des jeux avec des flashcards pour bien entendre de nombreuses fois les mots en anglais, associés à la couleur. Ensuite des jeux :

Mes outils de travail sont avant tout ludiques, puis si possible, des objets de récup’. Les activités que je vous présente ici respectent ces critères.

bottle topsBottle tops : un flash d’inspiration et j’ai vu que les bouchons de nos boissons sont de couleurs différentes. Je me suis mise à collectionner et les amis y ont contribué.

J’ai acheté pour 1€80 (je pense) un paquet d’autocollants de couleurs.

Alors qu’en ai-je fait ?

Tout d’abord les enfants ont adoré jouer avec les bouchons dans la grosse boîte. Pour un enfant qui aime une approche tactile, c’est parfait. Les jeux possibles sont quasiment sans limites. Voici quelques suggestions pour jouer avec les bouchons de couleur :

1) Le prof donne une couleur, l’enfant doit le trouver.

2) Le prof donne plusieurs couleurs, idem. Nous avons fait jusqu’à 4 couleurs en liste.

3) L’enfant donne une couleur, la classe doit trouver.

4) Même jeu mais par binôme. Le prof circule pour aider et pour vérifier.

Sur la droite de ma boite, vous voyez des bouchons blancs avec des points de couleur. J’avais donné un stock de bouchons blancs aux enfants et des points de couleur. On faisait la dictée des couleurs mais cette fois-ci, il fallait coller la bonne étiquette par binôme. Ils ont vraiment apprécié.

Les enfants se sont donc appropriés encore plus les bouchons et le jeu. Leur implication a augmenté en conséquence.

Ces jeux ont permis de bien instaurer le travail par binôme. Nous avons pu tenter un vrai exercice de Pairwork avec Information gap (activité à déficit d’information). bottle tops and pairwork gameLes enfants par binôme avaient un stock de bouchons avec points de couleur dessus. J’ai distribué une carte avec des points de couleur à l’enfant A. Il devait “dicter” à B les couleurs dans l’ordre selon l’image sur sa carte. Une fois que c’était bon, ils échangeaient avec une nouvelle carte pour B. Les cartes sont ré-utilisables car il suffit de les tourner pour que cela donne un nouveau jeu à trouver. Je me suis servie de chutes de cartes plastifiées – donc récup’ avant tout. Dans mon expérience de ce jeu à grandeur nature, les enfants de CP ne cherchaient pas à tricher. Ils voulaient faire des choses bien. Cependant l’autonomie nécessaire pour un tel jeu était difficile pour certains. Il ne faut pas que le jeu dure trop longtemps.

Après le jeu des cartes et des couleurs qui demande une grande concentration, j’ai bien vu que les enfants avaient besoin de se défouler et nous avons poursuivi la séance avec Fruit Salad, en utilisant les couleurs, puis Compass Points. Dans ce deuxième jeu, je colle les flashcards de couleurs sur les murs de la salle. Quand je dis la couleur, les enfants doivent s’y rendre au plus vite. Pour varier, je donne une couleur à chaque enfant et puis je donne les instructions : Blue to Yellow – les enfants qui sont “bleus” doivent se rendre vers la carte jaune. C’est une variante qui est assez compliquée, mais vers la fin de la séance les enfants sont fatigués et aiment juste bouger un peu. S’ils se trompent, ce n’est pas trop grave car l’important, c’est de bien entendre les mots pour les fixer.

NB Ceci marche bien si on est dans une salle de motricité ou une grande salle – ce n’est pas super dans une salle de classe “standard”.

Pour finir la séance, j’aime calmer les choses avec une chanson ou une histoire. Je pense que l’on devrait lire plus d’histoires aux enfants, purement pour le plaisir d’écouter des histoires. Si on n’a pas toujours le temps, je trouve bien dommage.

J’ai un grand livre de NURSERY RHYMES que les enfants adorent et ils réclament vite telle ou telle chanson, une fois habituée. “The wheels on the bus” reste un favori !

En rapport avec les couleurs, il existe beaucoup de chansons. une de mes préférées s’appelle “I see something blue”. je mets une version trouvée sur YouTube ici :

And an example of how you can use it – but also, wouldn’t it be lovely to have classes of 6 kids !!

For more examples of songs for young learners, check out my pages https://jennyleger.com/formation-continue/dakar-training-for-primary-teachers/dakar-songs/songs-for-young-learners/2-hello-songs/

and https://jennyleger.com/formation-continue/dakar-training-for-primary-teachers/dakar-songs/songs-for-young-learners/

A story based on colours : to find information about albums working on colours, check out my pages on “What colour are your knickers?”, “Pete the Cat – I love my white shoes” and others to follow.

To finsh the sessions, personally, I like to use a simple goodbye song. My favourite for CP kids is “Goodbye, See you, Thank you” which I found on YouTube.

Pour compléter et en attendant d’avoir rédigé des notes sur tout, je vous joins ici une liste de suggestions sur les contenus importants pour les CP avec des suggestions de chansons, comptines, albums … Ce n’est pas figé. La liste évoluera.

Contenus importants CP proposée par Jenny Léger Septembre 2014

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